Avant — La situation de départ
Anne travaillait dans l’accompagnement d’artistes pour une structure bruxelloise. « Je suis arrivée chez eux via ma formation et mes expériences dans le milieu artistique » . Elle s’est formée à la Cambre en dessin et création textile. Ensuite après quelques années, elle s’est formée au graphisme. « J’ai commencé à travailler dans le secteur culturel (d’abord dans les arts plastiques et ensuite dans les arts de la scène), comme graphiste et dans la communication mais aussi dans la médiation des publics et la diffusion des spectacles (pour diverses structures et théâtre et des compagnies). J’ai également suivi d’autres formations courtes aussi dans le secteur des arts de la scène; raconte-t-elle» . Un univers qui lui correspondait, où elle s’était fait une place.
Pour affiner ses compétences et disposer d’outils plus adaptés, elle s’était formée au coaching. « Je n’allais plus reprendre de longues études », explique-t-elle pragmatiquement.
Le déclic — Ce qui a déclenché la transition
Le tournant est arrivé de manière assez inattendue. Anne a eu l’opportunité d’animer des ateliers pour préparer de jeunes étudiants qui terminaient leurs études supérieures en BD et en illustration à l’ESA de St Luc. « J’ai eu véritablement un coup de foudre pour les jeunes », dit-elle avec enthousiasme.
Parallèlement, elle sentait un décalage grandissant : « Mes valeurs n’étaient plus en accord avec la structure. » La combinaison de ces deux éléments, l’étincelle ressentie avec les jeunes et le désalignement avec son environnement professionnel, l’a conduite à une décision claire : elle voulait désormais travailler avec des jeunes en transition.
Le chemin — Les étapes concrètes
Une fois sa direction trouvée, Anne n’a pas attendu qu’une opportunité tombe du ciel. Elle a pris l’initiative de rencontrer le directeur d’Infor Jeunes Bruxelles pour lui proposer ses services. « Je ne savais pas s’il avait besoin d’une personne avec mon profil : accompagnement », reconnaît-elle.
Plutôt que de foncer tête baissée, elle et le directeur ont pris le temps de se rencontrer, d’échanger. Il lui a proposé de travailler sur l’orientation des jeunes. Un domaine qu’Anne ne maîtrisait pas spécifiquement à ce moment-là. « On s’est mis d’accord pour que je teste ce service chez lui de façon bénévole », raconte-t-elle.
Cette période de test, une façon intelligente de valider l’adéquation entre ses compétences, sa découverte de l’orientation et les besoins de la structure, s’est révélée concluante. Le directeur l’a ensuite engagée et ils sont partis ensemble se former au certificat en orientation scolaire et professionnelle à l’UCL en 2018. Un engagement réciproque qui montre que les transitions peuvent se construire en co-création. Par la suite, d’autres personnes ont été engagées pour créer le service d’orientation d’Infor Jeunes Bruxelles.
Les obstacles — Les peurs et difficultés rencontrées
Anne évoque une difficulté centrale : l’estime de soi sur laquelle elle a beaucoup travaillé. Se lancer dans un nouveau domaine, accepter de ne pas tout savoir, tester un service bénévolement avant d’être engagée : tout cela demande, de la curiosité, oser aller chercher et tester ce dont on a envie.
C’est un chantier qu’elle a mené consciemment, et qui porte aujourd’hui ses fruits : « Aujourd’hui, j’avance avec confiance. » Un apprentissage essentiel pour toute personne en transition, où l’incertitude fait partie du voyage.
Aujourd’hui — La situation actuelle
Anne a travaillé durant sept années chez Infor Jeunes Bruxelles, accompagnant des centaines de jeunes dans leurs questionnements d’orientation. Une période riche qui lui a permis de solidifier son expertise et de gagner en légitimité dans ce domaine.
Aujourd’hui, elle franchit une nouvelle étape : « J’élabore mon projet personnel et professionnel toujours dans l’orientation et la gestion du stress afin de m’établir à mon compte. » Après avoir exploré ce métier au sein d’une structure, elle a envie de voler de ses propres ailes, forte de son expérience et de la confiance qu’elle a construite chemin faisant.
Les conseils — Messages à partager
Les mots d’Anne pour celles et ceux qui envisagent une transition sont précieux, ancrés dans son expérience concrète :
« S’écouter et créer des rencontres, y aller à son rythme, par petits pas et oser prendre des risques à mesurer bien sûr et en accord avec soi. » Elle insiste sur l’importance de la flexibilité : « Imaginer des plans B, C permet d’ouvrir le champ et de retomber sur ses pieds. »
Enfin, elle souligne trois piliers essentiels : « Bien se connaître, se faire confiance, bien s’entourer pour échanger et être soutenu. » Des principes simples, mais tellement fondamentaux quand on navigue dans l’incertitude d’un changement professionnel.



