Avant – 15 ans de salariat et l’ennui qui s’installe
Pendant 15 ans, Virginie a été salariée dans différentes structures du non-marchand. Coordination, communication, RH. Des fonctions variées, des environnements différents. Mais un pattern qui revenait toujours : elle ne restait jamais plus de 4 ans dans un job.
« Je m’ennuyais vite. À chaque fois, c’était la même chose : je ne trouvais pas de possibilité d’évolution ou de nouveaux projets. »
Le déclic – Quand ton corps dit stop
Son dernier job, c’était la goutte de trop. Pression constante, rapidité imposée, environnement bruyant. Et surtout : aucun aspect humain. Tout ce qui la nourrissait professionnellement avait disparu.
Résultat : elle a fait un burn-out.
« Six mois d’arrêt de travail. Six mois où une certitude est devenue de plus en plus claire : je n’avais aucune envie d’y retourner. »
Le burn-out, paradoxalement, ça a été son déclic. Pas un déclic joyeux, mais un déclic nécessaire. Son corps l’avait forcée à s’arrêter. Et dans cet arrêt, elle a pu enfin réfléchir à ce qu’elle voulait vraiment.
Le chemin – Du coaching à l’indépendance en passant par Azimut
Virginie ne s’est pas lancée tête baissée. Elle s’est d’abord fait coachée pour comprendre ce qui lui plairait vraiment et identifier ses compétences. Pas juste « qu’est-ce que je sais faire », mais « qu’est-ce que j’aime faire et qui a du sens pour moi ».
Ce travail d’introspection a été essentiel. Il lui a permis de clarifier une envie qui était là depuis longtemps : se lancer comme indépendante.
Ensuite, elle a été vue par la médecine du travail. Elle a pu quitter son boulot pour raisons médicales.
Mais elle avait peur. Peur de ne pas y arriver, peur de se planter.
« Je savais que je voulais me lancer comme indépendante mais j’avais peur donc je me suis inscrite auprès d’une SAACE – Azimut – pour un accompagnement collectif et individuel. »
C’est gratuit pour les demandeurs d’emploi en Wallonie. Elle est entrée en phase test pour son activité de consultance RH pendant 1 an. Une manière de tester avant de plonger complètement. Entre le moment où elle a commencé à imaginer son projet et ses premiers clients, environ 6 mois se sont écoulés.
Et pour proposer du coaching, elle a suivi une formation reconnue par l’ICF (International Coach Federation) chez Créacoach.
Les obstacles – Oser se montrer (le vrai défi)
Le plus gros obstacle, ce n’était pas l’administratif ou le financier pour elle c’était d’oser se montrer.
« Oser me montrer, dire qui je suis et ce que je fais, que ce soit sur les réseaux ou en networking. » Voilà ce qui lui a demandé le plus de courage.
Quand on vient du salariat, se « vendre » soi-même, c’est un vrai apprentissage. Ses 3 premiers clients, elle les a trouvés via son réseau. Mais pour ça, il fallait que son réseau sache ce qu’elle faisait.
Qu’est-ce qui l’a aidée à dépasser cette peur ? « La pratique, et aussi quelques séances de coaching pour travailler sur ma posture. » Parce que même quand on est coach, on a besoin d’être accompagné.
Aujourd’hui – 5 ans d’indépendance
Ça fait maintenant un peu plus de 5 ans qu’elle est indépendante à titre principal.
Virginie propose du coaching pour dirigeants, indépendants et particuliers. Des formations RH et softskills. Du coaching d’équipe.
« Je suis contente d’être devenue indépendante même si ce n’est pas facile tous les jours et que je stresse pour avoir assez de boulot – que j’aime. »
Est-ce que tout est parfait ? Non.
Cette incertitude-là, elle est toujours présente. Et puis il y a quelque chose qui l’a surprise : « Être indépendant demande vraiment d’avoir beaucoup de casquettes en même temps : comptabilité, admin, commu, réseaux sociaux, prospection. Et tout ça en plus de son activité de cœur donc pas toujours facile de rester motivé pour les parties qu’on aime moins… ou pas du tout. »
Mais elle est très heureuse de son choix.
C’est ça aussi, une transition réussie : accepter que la nouvelle vie ne soit pas idéale à 100%, tout en sachant qu’on a fait le bon choix. « La vie d’indépendant amène des hauts et des bas mais pour moi elle convient bien à ma manière de travailler : libre, autonome et qui bouge tout le temps. »
Les conseils – Persévérer, oser, et surtout se faire accompagner
Son message est clair : « Il faut persévérer et oser, on reçoit souvent de bonnes surprises ! »
Virginie ne dit pas que c’est facile. Elle ne dit pas que ça va marcher du premier coup. Mais si on ose, si on persévère, des portes s’ouvrent qu’on n’aurait jamais imaginées.
« C’est super utile d’apprendre à mieux se connaître, savoir quelles sont ses valeurs pour être à la bonne place. »
En tant que coach, son conseil le plus important : se faire accompagner par une SAACE, un coach ou d’autres indépendants.
« Pour accompagner aussi des indépendants en coaching pro, je vois bien qu’ils ne prennent pas souvent le temps de se poser et de se faire accompagner mais quand ils l’ont fait, ils voient tout de suite les bénéfices, que ce soit par exemple pour prendre une décision, être aligné, dire non, déléguer… »
On n’a pas toujours besoin d’avoir toutes les réponses soi-même. Parfois, il suffit d’un regard extérieur pour débloquer une situation.
La vie d’indépendant n’est pas pour tout le monde. Mais si on aime être libre, autonome, et qu’on a besoin de bouger tout le temps comme elle, ça peut vraiment être fait pour soi.



