De directrice des opérations dans une société informatique à architecte d’intérieur spécialisée en neuroarchitecture

Après 15 ans dans la gestion de projets et le digital, Lauriane s’est effondrée. Aujourd’hui, elle accompagne les gens à travers leur habitat, en alliant architecture d’intérieur, neuroarchitecture et fait également de la réflexologie plantaire. Récit d’une reconversion qui a pris du temps, mais qui en valait la peine.

Avant

Directrice des opérations dans une société informatique

Aujourd'hui

Architecte d’intérieur et neuroarchitecture + réflexologie plantaire

Avant – La situation de départ

Son parcours, sur le papier, ressemble à une belle carrière bien linéaire. Études universitaires en communication d’entreprise, puis premier emploi de consultante en expérience utilisateur qu’elle a trouvé grâce à un salon de l’emploi, ensuite project manager chez Immoweb, responsable du segment immobilier neuf, commerciale pour les plus gros promoteurs belges… Lauriane passe après chez Megabyte où elle se spécialise dans le digital (SEO, SEA, optimisation de sites web) pendant deux ans.

Et puis vient la proposition qui semble être l’aboutissement logique : prendre un poste de direction dans une société informatique à Charleroi. Un poste de COO (Chief Operating Officer) qu’elle a fait pendant 1 an. Le genre de titre qui impressionne, qui rassure l’entourage, qui coche toutes les cases d’une carrière « réussie ».

Mais en acceptant, Lauriane réalise quelque chose d’inconfortable : elle n’a jamais vraiment choisi ses emplois. « À l’exception peut-être de ma transition vers Immoweb, ce sont surtout des opportunités qui se sont présentées à moi, et que j’ai acceptées parce qu’elles semblaient logiques dans le parcours que j’avais toujours imaginé… ou plutôt, qui était classiquement envisagé vu mes études et mon environnement social. »

Lauriane était plus passive qu’actrice de sa propre vie professionnelle. Et ce dernier poste l’a mis en lumière de la manière la plus brutale : « Je l’ai accepté pour le titre, pas pour ce que j’allais y faire. »

Le déclic – Le burn-out et la prise de conscience

Les signes arrivent progressivement : acouphènes, dépression, fatigue qui ne passe plus. « Avec le recul, je pense que mon corps n’était plus suffisamment nourri par ce qui comptait pour moi pour pouvoir continuer à aller bien. À un moment, tout simplement, je n’allais plus bien. »

Lauriane commence un coaching pro avec Pierre Lemonnier. Deux séances, confrontantes, riches. Et puis l’arrêt maladie pour burn-out.

Cette étape-là est particulièrement difficile. « À l’époque, j’avais beaucoup de mal avec cette idée de burn-out. Aujourd’hui, on en parle davantage, c’est mieux compris, mais à ce moment-là, j’avais le sentiment que cela ressemblait à un manque de force. » Elle a du mal avec la légitimité de cet arrêt, ce qui l’empêche pendant un temps de vraiment prendre soin d’elle.

Sa maman, avec la meilleure intention du monde, est arrivée un jour avec une liste des métiers en pénurie. Mais ça ne fait pas sens. Pas après ce qu’elle vient de comprendre.

« Quitte à partir d’une liste, autant créer la mienne. »

Le chemin – Les étapes concrètes

Lauriane s’assoit et note ce qui l’a toujours attirée. La psychologie humaine, elle aurait voulu être pédopsy. L’enseignement, la transmission. L’architecture, enfant, elle dessinait des bâtiments, reproduisait des monuments, créait des perspectives. Et surtout : le soin de l’autre. Prendre soin. D’où une certaine frustration de n’avoir jamais fait médecine.

Elle cherche ce qui pourrait se rapprocher du monde médical sans repartir pour dix ans d’études. C’est ainsi qu’elle découvre la réflexologie plantaire. Formation d’un an. « J’ai adoré. Pas seulement pour la pratique, mais aussi pour tout ce que j’y ai appris sur le fonctionnement du corps : système digestif, endocrinien, respiratoire, système nerveux, impact du stress… Cela m’a permis de comprendre très concrètement comment on arrive à un burn-out. Que ce n’est pas quelque chose d’imaginaire, mais une réalité physiologique. »

Une fois diplômée, elle se pose la question de lancer sa pratique. Mais assez vite, Lauriane sent qu’il lui manque quelque chose : une stimulation intellectuelle, une dimension créative.

Direction l’école HOME à Bordeaux pour une formation en architecture d’intérieur. Deux ans, très pratique, avec des cas concrets, des projets clients, des rénovations.

Et puis, elle est tombée sur un podcast qui a tout changé. La révélation : elle peut enfin relier l’architecture et le soin de l’autre grâce à la neuroarchitecture et à la psychologie de l’habitat. « Nos intérieurs influencent notre humeur, notre système nerveux, notre bien-être physique et mental. On passe plus de 90 % de notre temps à l’intérieur, et ces espaces ne sont pas neutres. »

Lauriane se forme dans cette direction. Elle est ensuite accompagnée et encouragée par Gwennaëlle Festraets pour créer sa société : REVEAL. « Ce nom est un clin d’œil à cette révélation personnelle, mais aussi à ma conviction profonde : nos intérieurs révèlent énormément de choses sur nous, et ils peuvent aussi nous soutenir et nous révéler à nous-mêmes. »

Les obstacles – La peur de se lancer, la peur de se montrer

Lauriane a d’abord reporté le lancement de trois mois. Par peur.

Puis elle se souvient de cette phrase : quand c’est suffisamment prêt, même à 60 ou 80 %, on peut y aller. Le reste s’ajuste en chemin.

Sa fille lui dit souvent : « Maman, on n’a pas besoin que ce soit parfait. Quand on veut que ce soit parfait, on ne fait jamais rien. » Elle est fière de lui avoir transmis ce message… et aujourd’hui, c’est sa fille qui le lui renvoie quand elle en a besoin.

Se lancer lui a demandé de se confronter à beaucoup de choses : parler d’elle, assumer sa vision, sa sensibilité, sa manière de penser, créer un compte Instagram. « Ce n’était pas facile. Mais j’ai compris que ce qui est difficile est souvent précisément ce qu’il faut traverser. »

La peur la plus profonde ? La peur du jugement. La peur du rejet. « Mais je lutte contre cela, maintenant que j’ai compris que c’était lié à une des 3 peurs fondamentales de l’être humain: la peur de l’abandon. Cela réveille un instinct de survie lié à notre cerveau archaïque. Cette peur est là pour nous maintenir en vie, en évitant de se faire rejeter du groupe. Mais il faut pouvoir la contrôler en fonction de nos environnements. »

La petite victoire qui a tout changé ? Sa première cliente, grâce à un post Instagram entier, dans lequel elle était réellement elle-même.

Aujourd’hui – La vie d’indépendante

REVEAL a été lancé il y a deux mois en décembre 2025. Elle est indépendante et spécialisée en neuroarchitecture, psychologie de l’habitat, feng shui moderne et psychologie des couleurs.

Lauriane accompagne des personnes qui souhaitent s’assurer que leur intérieur ne renforce pas des schémas négatifs, mais au contraire les soutient. « Cela peut être par simple curiosité, ou pour répondre à des problématiques plus concrètes : tensions dans le couple ou la famille, schémas répétitifs, stress, difficulté à se poser, manque de communication… ». De même, elle veille à ce que l’habitat soit conçu en accord avec les réflexes archaïques inconscients du cerveau, afin d’offrir aux habitants des conditions optimales pour préserver leur système nerveux.

Elle a également décidé d’ajouter un jour fixe dédié à la réflexologie plantaire, parce que le soin direct reste profondément important pour elle. « J’aime offrir cet espace de relâchement, aider le système nerveux à redescendre, apaiser ce stress qui abîme, qui épuise, qui fait douter de soi. »

Elle ne sait pas encore combien de temps cela prendra pour vivre pleinement de cette reconversion. Mais cela viendra, elle le sait. Elle a anticipé financièrement pour se donner un an, un an et demi. « Et si pour finir, mon ambition financière reprenait plus de place, ou si mon parcours était encore amené à évoluer, je ne me jugerais plus pour autant. »

Elle n’exclut rien : reprendre un job à mi-temps, retourner un jour dans une grande structure, voir son chemin évoluer encore. « La différence aujourd’hui, c’est que je ne me juge plus pour ces possibles, au contraire. »

Et malgré les doutes, malgré les peurs, malgré les moments très bas : « Aujourd’hui, j’ai le sentiment de vivre ma success story. Je ne gagne pas encore ma vie avec mon activité. J’ai quelques clients, et je leur suis profondément reconnaissante de leur confiance. Mais je suis fière de moi. Fière d’avoir osé. Fière d’avoir traversé. Fière d’avoir appris. »

Les conseils – Persévérer, se connaître, oser

Une reconversion n’est presque jamais uniquement professionnelle. « C’est souvent un moment où l’on se réapproprie sa vie, où l’on revisite ce que l’on a reçu comme héritage, où l’on apprend à comprendre les générations qui nous ont précédées, notre propre fonctionnement, nos conditionnements. » Ça prend du temps. Ça ne se fait pas en deux semaines, ni en trois mois.

Parfois, ça déborde largement du cadre professionnel : apprendre à s’affirmer, poser des limites, faire entendre sa voix. « Si quelqu’un traverse ce type de période et que tout semble flou, instable ou inconfortable, c’est normal. Ce sont des étapes, et progressivement, les choses s’apaisent et deviennent plus claires. »

Lauriane ne cherche plus « le métier idéal », mais un chemin. « Dans cinq ans, ce sera peut-être encore différent. Et ce n’est pas un échec. On évolue, nos besoins changent, nos élans aussi. Il n’y a pas de bon ou de mauvais choix, il n’y a que des étapes d’un parcours vivant. »

Sur le fameux « syndrome de l’imposteur », elle a un avis tranché : « Je ne suis pas sûre que ce syndrome existe vraiment. Je crois surtout qu’il est profondément humain de ne pas se sentir légitime quand on commence quelque chose de nouveau. C’est comme apprendre à marcher : nos premiers pas sont hésitants. Et c’est normal. Ce n’est pas un problème à résoudre, c’est un passage à traverser. »

Et si ce sentiment nous accompagne au quotidien depuis des années, dans un même métier ? « Alors c’est peut-être tout simplement un signal que nous ne sommes pas à notre place. »

Dans ce cheminement, l’entourage joue aussi un rôle essentiel. Lauriane insiste sur l’importance de s’entourer de personnes qui soutiennent sincèrement notre élan : « Mon mari a été incroyable, tant par sa patience que par son écoute et son soutien. Sans jugement, il m’a toujours encouragée et rassurée lorsque je doutais. »

Durée totale de la transition

Sa transition a pris 3,5 ans

Accompagnements suivis

• Coaching avec Pierre Lemonnier • Formation en réflexologie plantaire (1 an) • Formation en architecture d’intérieur à l’école HOME, Bordeaux (2 ans) • Formations complémentaires en neuroarchitecture, psychologie de l’habitat, feng shui moderne • Accompagnement au lancement par Gwennaëlle Festraets

Statut actuel

Indépendant(e) principal

Secteur d'activité actuel

Architecture d’intérieur, neuroarchitecture, psychologie de l’habitat, réflexologie plantaire

Disponible pour répondre à des questions

Oui si son parcours t’intéresse ou si tu as des questions à lui poser tu peux la contacter via email: lauriane.bryssinck—gmail.com

Contact

Et si tu veux la suivre : www.reveal-lb.be Sur Instagram: @reveal.neuroarchi Elle consulte tous les mardis à Limal pour la réflexologie plantaire.

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