Avant — La situation de départ
Hélène a construit une carrière solide dans le monde non marchand. Elle passe près de 10 ans dans une ONG en tant que recruteuse, puis 5 ans comme conseillère d’orientation. Des métiers qui font sens, qui impliquent, qui demandent de la présence aux autres. Mais à force de donner, elle finit par se vider.
Le déclic — Ce qui a tout mis en mouvement
C’est un burn-out qui marque la rupture. Hélène quitte son poste à l’ONG, épuisée. Dans son processus de reconstruction, elle rencontre une hippothérapeute qui l’accompagne. Cette rencontre change tout, pas immédiatement, mais profondément.
Ce qui suit n’a rien d’un plan de carrière bien ficelé. Hélène elle-même le dit :
« Ce n’est pas un déclic en tant que tel, mais une suite d’événements qui m’ont poussée sur cette voie. »
Deux ans après son burn-out, elle se lance dans une formation de deux ans avec l’École belge d’hippothérapie (FEO). Pas pour en faire un métier, du moins pas encore.
« Je ne pensais jamais en faire un métier à part entière ! »
Mais la vie a continué de décider pour elle. En novembre 2024, elle perd son poste de conseillère en orientation. À ce moment-là, elle travaille déjà un jour par semaine comme hippothérapeute. La question n’est plus de savoir si, mais comment.
Le chemin — Les étapes concrètes
Le parcours d’Hélène s’étale sur plusieurs années, avec des formations qui se construisent les unes sur les autres.
Entre 2020 et 2022, elle suit la formation en hippothérapie avec la FEO tout en continuant à travailler. Elle négocie un contrat à 4/5e avec son employeur de l’époque pour tenir les deux. Elle reconnaît que ce n’était pas de tout repos :
« C’était un peu rock n’ roll j’avoue de tout conjuguer. »
En 2024, elle approfondit son expertise avec le Natural Lifemanship, une approche sensible au trauma, centrée sur la régulation du système nerveux et la qualité de la relation, dont elle suit le premier module. En 2025, elle participe à la conférence annuelle du Natural Lifemanship dans leur centre de formation, puis s’engage dans le module avancé au dernier trimestre.
Depuis décembre 2024, elle est accompagnée par JobYourself pour structurer son projet d’entreprise. Et tout au long du parcours, elle a pu compter sur le soutien de son réseau :
« Une présence et un soutien de mes pairs et de ma mentor. »
Les obstacles — Ouvrir les mains, et les garder ouvertes
Quand on lui demande quelle peur elle a dû dépasser, Hélène répond avec une image qui dit tout :
« Ouvrir ses mains, mettre son cœur dedans, et les garder ouvertes, en confiance. »
Se lancer à son compte, c’est accepter de ne plus tout contrôler. C’est exposer ce qui compte vraiment, sans filet. Hélène ne minimise pas la difficulté. Elle sait que les deux premières années d’une activité indépendante sont éprouvantes, et elle l’assume. La question du revenu est réelle, concrète. Elle travaille avec une optique à 18 mois pour voir si l’hippothérapie peut lui permettre un salaire qu’elle qualifie elle-même de « décent ». Sans fard, sans langue de bois.
Elle aurait peut-être voulu, au départ, retrouver un mi-temps pour se ménager une transition plus douce. Mais les projets qu’elle souhaitait développer l’ont convaincue de faire autrement.
Aujourd’hui — En construction
Hélène est entrepreneuse. Elle développe son activité d’hippothérapie avec une vision à moyen terme et une honnêteté totale sur les défis qui restent à relever. Elle mesure le chemin parcouru, et reconnaît volontiers l’importance du soutien reçu :
« Sans JobYourself et le soutien des miens, je pense que ce serait plus difficile encore, voire impossible. »
Ce n’est pas une success story toute lisse. C’est un chantier vivant, porté par une femme qui a choisi de croire en ce qu’elle fait, même quand ce n’est pas simple.
Les conseils — Ce qu’elle dirait à quelqu’un dans la même situation
Hélène ne donne pas des leçons. Elle partage ce qui l’a tenue debout :
Ne pas lâcher, y croire, s’entourer.
Développer son réseau, parler de son projet à tout qui veut l’entendre.
Elle insiste aussi sur la réalité du tempo :
« Savoir que ça prend du temps, que les 2 premières années sont dures. Et que si vous y croyez, cela vaut la peine de tout essayer. »
Elle encourage à diversifier son projet, à ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Et elle ajoute quelque chose d’important, pour ceux qui auraient peur d’échouer :
« Si ça ne marche pas, même si vous avez tout essayé, au moins vous avez tout fait et vous pouvez être fiers ! »
Une façon de dire que la fierté ne vient pas seulement du résultat, mais du courage d’avoir essayé vraiment.



